Aiguille Verte : couloir Whymper

Aiguille Verte : couloir Whymper
Derniers mètres avant le sommet de l'aiguille Verte

Aiguille Verte, sommet mythique…

Derniers mètres avant le sommet de l'aiguille Verte
Derniers mètres avant le sommet de l’aiguille Verte

L’aiguille Verte fait partie de ces sommets emblématiques qui éveillent des émotions dans le cœur de tout alpiniste,que ce soit un rêve, un projet à venir ou de beaux souvenirs.

Si vous êtes tentez par l’ascension de l’Aiguille verte n’hésitez pas à regarder notre « stage Aiguille Verte ».

Si Gaston Rebuffat en disait « on y vient alpiniste, on en revient montagnard », l’aiguille Verte n’en est pas pour autant un sommet « inaccessible au commun des alpinistes ».
Moyennant une bonne préparation physique ainsi qu’une préparation technique adéquate le couloir Whymper peut-être un objectif à relativement court terme.

Yohanne m’a contacté pendant l’hiver pour me faire part de son souhait de gravir l’aiguille Verte, n’ayant jamais réalisé de courses ensemble, nous nous sommes rencontrés autours d’un verre pour discuter de son expérience et d’un programme de préparation pour cette ascension.

Yohanne étant également skieur nous avons opté pour faire une première course dans les Dents du Midi fin mars, « le couloir de la Dent Jaune » puis nous finirions la préparation mi-mai avant de tenter le couloir Whymper à l’aiguille Verte.

Le couloir de la dent Jaune sortant à l’altitude de près de 3000m présente une pente à 40-45° sur 600m et le dénivelé total pour rejoindre le refuge des dents du Midi est de l’ordre de 2000m. Les conditions sont excellentes et Yohan est à l’aise, et après une nuit dans ce magnifique refuge sauvage des Dents du midi nous rentrons tôt sur Champéry via les cols de Susanfe et Comba Mornay, il faut dire qu’une grosse dépression est sur nos talons. L’essai est concluant et nous nous donnons rendez-vous pour la mi mai.

Le printemps est là et nous nous retrouvons pour passer deux jours autour du refuge Torino; le premier de ceux-ci, partant de la pointe Helbronner nous parcourons la goulotte mitsunori-shigi près du Trident de la Brenva et le lendemain nous nous offrons la classique face nord de la Tour Ronde. Les deux courses sont en très bonnes conditions, malheureusement une série de perturbations apportant de la neige en abondance nous empêche d’enchaîner sur l’aiguille Verte, aussi nous reportons au début juin.

Le début du mois de juin reste très perturbé, si cela nous garantit d’avoir suffisamment de neige; il nous faut trouver un créneau suffisamment stable pour s’engager dans le couloir… Finalement, la météo tourne en notre faveur et grâce à la disponibilité de Yohanne nous rejoignons le refuge du couvercle le 6 juin. En montant au refuge du couvercle je ne peux que constater qu’il reste plus de neige que un mois plutôt l’an dernier… Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas nécessairement ! La fenêtre météo n’étant pas énorme, c’est avec plaisir que nous constatons au refuge qu’une autre cordée a misé comme nous sur des conditions favorables.  Quand je pense que l’année dernière nous étions presque 15 cordées, ce sera plus calme comme ça.

Après un bon dîner nous nous couchons tôt, la sieste va être courte le petit déjeuner est à minuit; on a beau être matinal ça pique toujours un peu. Premier reflex du matin sortir pour vérifier le regel, il est quasi-nul… Puisqu’on est là on va aller voir, il fera plus froid au lever du jour. L’approche en raquettes est fastidieuse dans cette neige molle et lourde, mais au fur et à mesure la croûte se durcit. Nos compagnons de l’autre cordée sont à ski et vont plus vite, il nous feront la trace dans le couloir. Arrivés à la rimaye du couloir Whymper les conditions se sont bien améliorées et l’escalier de nos prédécesseurs nous aide à rattraper le retard pris dans la neige lourde de l’approche. Nous remontons ainsi la quasi-totalité du couloir ensemble en cramponnage frontal et prenons le soleil sur l’arête sommitale. Celle-ci est plutôt large par rapport à d’habitude, cependant elle reste très aérienne et c’est toujours un grand moment que de la fouler. 7H Il fait grand beau pas un souffle d’air et nous sommes seuls au sommet de la verte! Après un trop court moment de contemplation au sommet, nous prenons le chemin de retour car ce qui fait l’exigence d’une ascension à l’aiguille Verte c’est aussi la nécessité de tenir l’horaire à la descente ! Nous atteignons la rimaye vers 10h30 et c’est dans une neige trempée que nous regagnons le refuge. S’en suivra une descente assez prompte pour rejoindre le Montenvers puis la vallée et pouvoir enfin apprécier une bonne pause en terrasse bien méritée!