Traversée Täschhorn-Dom

Traversée Täschhorn-Dom
arête nord du Täschhorn

Täschhorn-Dom, funambulisme entre ciel et terre

En cette mi-septembre les montagnes sont plutôt sèches. Cependant un gros coup de saupoudrage à déjà plâtré certaines arêtes, en particulier dans l’Oberland. Avec Cat nous jetons alors notre dévolu sur le Valais. La traversée Täschhorn-Dom plus précisément. Cette course d’arête relie deux des grands sommets du Valais, dont le Dom de mischabel plus haut sommet entièrement Suisse.

La traversée Täschhorn-Dom est un beau voyage. Les difficultés techniques sont modérées (3+D), mais l’ampleur de la course demande de l’aisance et une bonne condition physique pour tenir les horaires.

Mischabel bivouac

La traversée Täschhorn-Dom est une vrai traversée, puisque on n’arrive pas à notre point de départ. Cela donne une certaine dimension au voyage, mais implique une petite logistique. Aussi, après avoir garé la voiture à Randa, nous prenons le train pour Täsch. De là un bus nous permet de rejoindre Täschalpes, notre vrai point de départ. La montée au Mischabel Bivouac bien que longue est facile. Comme souvent, c’est en refaisant le monde que l’on remonte la moraine puis les chaos de blocs avant de rejoindre le glacier.

Refaire le monde… Il y’en aurait bien besoin, quand on fréquente l’alpe assidûment comme nous le faisons comment nier la tendance climatique? En fait si l’idée que tous les glaciers des Alpes aient disparu à la fin du siècle m’attriste. C’est plus les conséquences qui m’interpellent. Je me demande bien quel pourrait être le débit du rhône et du rhin dans une tel situation. Je n’ose imaginer les conséquences pour l’approvisionnement en eau de toute une partie de l’europe, l’irrigation des cultures, le refroidissement des centrales nucléaire… Les perspectives pour les enfants d’aujourd’hui semblent bien sombre.s..

Mais nous rejoignons déjà le Weingarten-gletscher où il faut trouver un cheminement entre les crevasses. Rapidement nous rejoignons la partie haute du glacier, débonnaire, et enfin le bivouac. Ah… Les bivouacs Suisses… Un poêle, du bois, des gamelles, des couverts , le bonheur tient à peu de choses. Deux cordées sont là également, une qui revient de l’aller-retour au Täschhorn, et une qui y va le  lendemain. L’occasion d’échanger des infos avec les guides Suisses. Cependant on ne se couche pas trop tard car demain on se réveille à 3h30.

 

En route pour le Dom de Mischabel

Vers 4h15 nous quittons le refuge. A peine sortis la course commence. Le terrain n’est pas très raide, mais il faut trouver l’itinéraire en suivant les traces sur les rochers ainsi que les quelques cairns. Le rocher est sec et malgré la nuit noire, nous avançons à un bon rythme. La deuxième cordée nous suit de loin, ce n’est pas la grande affluence.  Les ressauts se suivent, mais finalement c’est plus du terrain montagne que de l’escalade. Nous débouchons au sommet du Täschhorn avec les premiers rayons du soleil. Le moment est magique. La descente au Domjoch est plus technique et enneigée. Nous remettons les crampons et désescaladons. Tant que l’on reste près du fil le rocher est plutôt sain. Par contre on le quitte une ou deux fois par nécessité et là c’est plus pareil… Nous gagnons cependant sans encombre le Domjoch ou de bonnes terrasses nous attendent.

Après une bonne pause pour boire et manger tant qu’on est au plat nous repartons pour la partie la plus raide de l’arête. Le début de la monté au Dom est plutôt avenant. Mais rapidement  ça ce gâte, le terrain se raidit et la qualité du rocher se dégrade sensiblement. Nous ralentissons un peu, il faut faire preuve de prudence. Dans la partie supérieure le rocher redevient correct bien que plus raide. Finalement nous rejoignons la croix sommitale du Dom de Mischabel il est 12h30.

Un petit vent du nord continue de souffler mais nous mangeons et buvons un coup en profitant du panorama. Les souvenirs nous entourent. A l’est le weissmies et le lagginhorn  ou j’étais il y a deux ans, en face le Zinalrothorn ou j’étais il y a deux mois, au sud le mont-rose que nous avions traversé au début du périple de Cat l’an passé etc…

Ce moment doit avoir une fin. Il nous reste plus de 3000m de dénivelé à descendre. La descente est longue et l’idée de boire un coup au refuge en descendant nous chatouille. En arrivant au refuge celui-ci est fermé. Heureusement un groupe d’alpinistes nous dépanne d’un peu d’eau au refuge car les fontaines sont fermées pour l’hiver. Nous reprenons la route en débranchant le cerveau jusqu’à Randa. C’est encore bien fatigué que nous arrivons dans la vallée, mais quel bonheur ces voyages.