Arete de Peuterey classique

Arete de Peuterey classique
Bivouac avec vue à la Blanche de Peuterey

Arête de Peuterey, un long voyage vers le Mont-Blanc

L’arête de Peuterey, menant au Mont Blanc fait partie des gros morceaux quand on souhaite cocher le « challenge des 82 4000m ». Cat qui à commencé l’alpinisme il y’a a peine plus de 2 ans, s’est mise cette idée en tête à la fin de sa traversée des Alpes. En effet, la fin de l’été dernier, elle s’est rendue compte qu’elle avait parcouru 35 4000 mètre en trois mois.

L’été reste la saison idéale pour les sommets non skiables, aussi, nous avions calé quelque jours pour l’arête de Peuterey. Bien entendu il faut  que la montagne veuille bien nous laisser passer. 48h avant le départ la météo peu encourageante 4 jour auparavant a finalement l’air favorable. Il faut dire que l’arête de Peuterey fait partie de ces courses où l’engagement est tout de même considérable, à ne pas prendre à la légère…

Val Veny – Blanche de Peuterey

Classiquement pour l’arête de Peuterey on part du refuge Monzino. Vu qu’il ne faut que 2h pour s’y rendre, nous décidons de partir de la vallée. Nous partons donc du parking du Freney à 2h30. Nous passons le refuge Monzino vers 4h30. De là nous rejoignons le glacier du Châtelet puis le col de l’Innominata par un peu d’escalade facile. Au moment d’attaquer les rappels pour gagner le glacier du Freney on sent qu’on s’apprête à basculer dans une autre dimension. A partir de là, la retraite devient compliqué, et plus ça ira, plus ce sera le cas… Le glacier du Freney est pour le moins tourmenté, mais une trace est encore visible pour nous rassurer. La traversée du glacier du Freney, au milieu des séracs, et sous les piliers mythiques qui dominent le cirque, est grandiose et sauvage.

Cependant nous rejoignons la base des vires Schneider sans réelles difficultés. Les vires Schneider se remontent facilement, bien qu’il faille faire preuve de vigilance. Arriver au bout de celles-ci nous jetons un œil sur l’itinéraire menant au bivouac Craveri, peu avenant. Ensuite nous continuons directement pour rejoindre l’arête Sud de la Gugliermina. Nous passons entre 2 belles tours de granite. Ici le rocher est sain et se protège plutôt bien.

On bascule versant Est et tout de suite le terrain est moins accueillant. Une longue traversée ascendante dans des systèmes de vires fracturées nous mène au-dessus de la Gugliermina. Nous trouvons alors une belle aire de bivouac juste avant d’accéder à la Blanche. Il est 17h le ciel est un peu chargé mais les nuages ne sont pas menaçants. Ces bivouac perché loin de tout, sont toujours un peu déstabilisants. On se sent vulnérable, en cas de mauvais temps la situation pourrait vite devenir critique.

Blanche, Grand Pilier d’Angle, arête de Peuterey

Après une nuit tout de même fraîche malgré le duvet et les doudounes le réveil sonne à 3h du matin et à 4h30 nous décollons. Au passage la météo à changé et nous annonce un risque orageux dans l’après-midi il ne va pas falloir trop trainer… Rapidement nous sommes au premier sommet de la Blanche, la pointe Seymour King. Suit la traversée de la demi-lune de la Blanche, les conditions sont bonne et nous rejoignons rapidement la pointe Güssfeldt par un peu de mixte. En 7 rappels de 30m on rejoint le col de Peuterey (2 goujon neuf relié à chaque relais).  Quelques nuage commence à se manifester alors qu’il n’est pas 8h, la tendance météo se confirme.

On attaque alors le Grand pilier d’angle au point de faiblesse une cinquantaine de mètre à droite du couloir Eccles. Les nuages nous happent avant que nous en ayons rejoint le sommet, l’ambiance devient moins bucolique. Nous atteignons le sommet en plein nuage…

Avec Cat nous attaquons alors la remontée de l’arête encordé court, puis les conditions de neige se dégrade, aussi nous rallongeons la corde et brochons de temps en temps. Dans le brouillard nous avons du mal à évaluer notre avancé, mais à ce stade la réchappe se fait par le sommet. Dans le brouillard, les distances et la perception du temps se distord. Nous finissons par ressortir du nuage juste sous la corniche sommitale. C’est avec un certain soulagement que nous atteignons le plat de l’arête sommitale. La tension retombe mais il ne faut pas chômer, de temps en temps nous entendons un coup de tonnerre au loin. Au sommet, les nuages étant un peu plus loin nous prenons le temps de manger un petit bout,  il faut dire que depuis le col de Peuterey on à pas pris beaucoup le temps et il est 16h.

La descente se fait manette en coin. En passant à côté du refuge du goûter vers 17h30 nous décidons de continuer jusqu’à la vallée d’un trait. Cat ayant prévu d’être au boulot le lendemain à 10h… Nous arrivons ainsi aux Houches vers 22h30 après 18h d’effort quasiment continu.

Encore une fois c’est fourbu mais heureux que nous terminons cette belle aventure!