Lenzspitze-Nadelhorn-Nadelgrat

Lenzspitze-Nadelhorn-Nadelgrat

Du Lenzspitze au Dirruhorn, 5 fois 4000m dans la journée.

Ce week-end Gille est venu me rejoindre. Cela fait sept ans qu’on se côtoie. La première fois nous nous sommes rencontrés par hasard, comme bien souvent. J’avais pris un Dom de Mischabel au tour de rôle à l’époque, en me disant « Tiens je suis jamais allé là-bas, c’est l’occasion! ». Depuis nous nous revoyons chaque année pour essayer de faire des 4000m.

Cette année nous voulions passer la vitesse au-dessus et nous préparer pour des courses de plus grande envergure. Après réflexion j’opte pour la combinaison de deux belles courses classique, Lenzspitze-Nadelhorn et Nadelgrat. Cette combinaison permet un parcours d’arête de plus de 3 kilomètres en passant par le Lenzspitze, le Nadelhorn, le Stecknadelhorn, l’Obärghorn et le Dirruhorn, tous à plus de 4000m.

En route pour le Haut-Valais

Avec ce fichu covid certains refuges on retardé leur ouverture, d’autres on réduit leur capacité d’accueil, aussi les places en refuge sont plus difficiles à négocier. Mischabelhutte d’où nous voulions partir est complet et le répondeur de la Domhutte m’informe que le refuge est fermé mais le refuge d’hiver reste accessible. Nous montons donc avec la popote et le matériel de bivouac (lequel nous servira si nous n’arrivons pas à effectuer toute la traversée dans la journée).

Après la longue approche à Domhutte nous nous rendons compte que le refuge à ouvert la veille. Si les gardiens avaient pris la peine de décrocher au téléphone lors des huit tentatives que j’ai faites pour les joindre nous aurions pu partir plus léger… Aimablement ils nous indiquent que nous pouvons nous faire à manger et diner dehors… Chacun sa conception de l’hospitalité!

Passé le dîner, nous mettons le réveil pour 1 heure, demain la journée va être longue.

Sur le fil aérien de la traversée Lenspitze-Nadelhorn

Nous quittons Domhutte peu avant 2h du matin, la pleine lune nous accompagne en illuminant le paysage. Nous passons le ressaut du Festijoch de nuit. En face le panorama s’étend du Cervin au Weisshorn, la lune roussit. Nous poursuivons jusqu’au Lenzjoch ou la course à proprement parler commence. L’arête rocheuse est enneigée, cela nous ralentit et en même temps vu la qualité du rocher cela semble préférable. L’itinéraire est assez évident et à coup de courtes longueurs et d’assurance en mouvement nous gagnons le Lenzspitze et ses 4294m, il est 9h30.

Delà le parcours aérien menant au Nadelhorn n’a pas l’air si long. Mais le passage de nombreux gendarmes alternant montées et descentes prend tout de même du temps. Le rocher est bon et le soleil chauffe ici, Gille sent les effets  de l’altitude et du sac de bivouac mais tiens le choc. Après ce beau parcours nous atteignons le Nadelhorn 4327m vers 12h30, la partie la plus technique est passée.

 

Un peu en contrebas du sommet nous profitons du terrain plus avenant et prenons le temps d’une collations.

Toujours plus loin sur la Nadelgrat

Le chemin continu ensuite sur la belle arête de neige qui nous mène rapidement au Stecknadelhorn à 4239m. Derrière la descente sans être difficile demande de la prudence. La Nadelgrat se parcours traditionnellement à la montée et son ascension est plus aisé.

Arrivée au pied de l’Obärghorn une selle neigeuse bien plate nous accueille, j’en profite pour faire un peu d’eau avec le réchaud pendant que Gille fait une courte « powersieste ». Déjà plus de 12h que nous avons commencé à marcher, avec l’altitude la fatigue commence à se faire sentir…

Une belle arête de neige nous permet d’atteindre l’Obärghorn 4217m d’où la descente une fois de plus ne semble pas commode, mais en face se présente le dernier sommet du jour.

Le rythme ralentit mais nous continuons tranquillement, après tout nous avons de quoi bivouaquer, la météo est splendide, on s’arrêtera quand on en sentira le besoin.

Pour remonter au Dirruhorn on enlève les crampons et l’arête facile est vite avalée. Il est 17h30 quand nous gagnons les 4034m de notre dernier sommet de la journée. Nous remettons les crampons pour prendre la direction du col suivant ;le terrain est encore délicat et avec la fatigue il ne faut pas baisser la garde.

Au colu 3858m nous basculons en ouest dans du terrain peu accueillant mais nous perdons de l’altitude et cela fait du bien.

En louvoyant de névés en moraines nous finissons par regagner le plancher des vaches peu avant la tombée de la nuit. Après un rapide référendum nous décidons de bivouaquer aux abords d’un torrent, dans l’herbe rase, face au Weisshorn…

 

 

Encore une journée mémorable en montagne. Je m’étends dans mon duvet, les images se bousculent et les questions virevoltent…Faut il vraiment partir à l’autre bout du monde pour vivre des expériences inoubliables? Et si l’aventure pouvait avoir lieu au fond du jardin?…

Le lendemain nous faisons la descente à la fraîche en discutant, reposés, heureux d’avoir partagé un voyage d’une grande intensité.

Le bonheur tient à peu de choses..

 

 

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