arête des Grands Montets

arête des Grands Montets
calotte de l'Aiguille Verte au-dessus du col du Nant Blanc

Arête des Grand Montets et traversée de l’Aiguille Verte

Toujours dans le cadre de sa grandes traversée des Alpes “montagnes sans frontieres” j’ai retrouvé Cat le week-end passé pour un des gros morceaux de son voyage, l’arête des Grands Montets à l’aiguille Verte.

La semaine précédente je croise Pierre alors que nous accompagnons ensemble un groupe de voyageurs au Mont-Blanc qui me dit qu’il a le même projet avec une cliente qui elle même à un ami qui viendrait avec son guide Geoffroy. Tant mieux nous serons trois guides, c’est toujours plus confortable en cas de pépin dans ce genre de course.

L’arête des Grands Montets à l’aiguille Verte est une course sérieuse, sans grandes difficultés techniques, mais ou l’engagement n’est pas un vain mot et où à partir d’un moment le meilleur échappatoire passe par le sommet.

Si vous êtes tentez par l’ascension de l’Aiguille verte n’hésitez pas à regarder notre « stage Aiguille Verte ».

J1 Arête des Grands Montets 

Nous partons donc dimanche à la première benne des Grands Montets. L’itinéraire part de l’épaule de la voie normale de la petite Verte d’où une longue vire, plus ou moins continue en rochers brisé, traverse le versant Nant-Blanc de l’arête. Cette vire mène sous la brèche nord de la Pointe Farrar à laquelle on accède par un escalade commode dans du rocher plus sain. Quand on a rejoint l’arête des Grands Montets, l’escalade devient plus évidente et sur un beau granite, le soleil nous accueille. La recherche de l’itinéraire dans ce type de course est souvent la clé, et il faut penser aux ouvreurs qui parcoururent cette arête des Grands Montets en 1925 pour en trouver la logique. Après les rappels de la pointe Farrar nous attaquons l’aiguille Carrée, que nous gravissons par une cheminée peu évidente où certaines écailles dégagent une acoustique peux rassurante, puis une traversée versant Argentière… Après trois rappels nous voilà au pied de la Pointe De Segogne, nous remettons les crampons pour passer un plaquage peu confortable et une goulotte en conditions médiocres avant de reprendre le fil de l’ arête. En remontant vers la pointe de Segogne nous constatons que les dernières dalles de celle-ci sont couvertes d’un plaquage de neige, nous contournons donc la pointe par un rappel qui nous dépose versant Argentière dans un amphithéâtre peu accueillant de rocher pourri au bords du couloir Cordier. Il se fait déjà tard et nous accélérons pour atteindre le bivouac du col du Nant-Blanc avant la nuit.

Soudain, alors que 25 mètres au dessus de moi j’entend Pierre et Clémence se préparer au bivouac, j’entend Cat crier « Geoffroy est tombé! », incrédule je lui demande de répéter…Elle me confirme, je transmets l’information à Pierre et lui demande de prévenir les secours pendant que je mets en place un relais béton pour la suite des opérations.Après avoir fini de faire monter Cat au relais elle m’assure pour j’aille voire Geoffroy et Cyrile. Il sont vachés à un endroit peu confortable et exposé aux chutes de pierres. Après un rapide bilan Geoffroy semble secoué mais son état semble stable, il a fait une grosse perte de conscience initiale mais ne se plaint pas de son dos aussi après l’avoir allégé de son sac a dos nous les aidons à remonter jusqu’à nous en attendant les secours. Ceux ci ne peuvent venir tout de suite car la couverture nuageuse ne leur permet pas d’intervenir en hélico. Finalement l’opération de secours se termine vers 23h30, le lendemain Geoffroy nous envoie un message pour nous dire que tout va bien, l’hôpital l’a libéré… Plus de peur que de mal…

Finalement nous arrivons au bivouac (très confortable) vers Minuit, le temps de dîner et faire de l’eau nous nous couchons vers 1h30, nous retardons un peu le réveil, nous nous lèverons à 5h.

 

 

J2 Calotte de l’aiguille Verte et arête du Moine

Nous nous levons avec le soleil, le spectacle est magnifique! Le temps de se préparer, nous repartons avec les premiers rayons du soleil pour nous réchauffer. Les premiers mètres sont délicat dans du mixte gravillonneux, puis nous arrivons sur une fine arête de neige qui défend l’accès à la calotte. La neige est plutôt bonne et la remontée se fait tranquillement jusqu’à la rimaye qui défend la dernière portion de la calotte de l’aiguille Verte. Une longueur un peu plus raide et quelques broches nous permettent  de la franchir. S’en suivent deux longueurs peu protégeables et déjà la pente s’infléchit. Les derniers mètres menant au sommet se font dans une ambiance plus détendue, le temps est parfait, pas un souffle de vent… Quand je pense que Cat n’a commencé l’alpinisme qu’il y’a à peine un an… Belle progression!

Après quelques accolades et un petit break nous reprenons notre chemin. Nous faisons la descente par l’arête du Moine le couloir Whymper n’étant plus en conditions. Cette descente est beaucoup plus longue mais a l’avantage de ne pas être exposée aux chutes de pierres. La partie haute encore bien enneigé nous contraint à garder les crampons. Des petits rappel ça et là, de vires en désescalades nous perdons de l’altitude progressivement. Dans la partie basse l’itinéraire n’est pas évident à trouver mais le terrain devient plus facile… Finalement nous passons la rimaye en rappel vers 17h. Plutôt que de rentrer à Chamonix directement, nous passons la nuit au refuge du Couvercle et rentrons paisiblement le lendemain matin. Arrivés au Montenvers, alors que nous prenons le train Cat descend à pied fidèle à l’éthique de sa traversée des Alpes…