La traversée des Aiguilles du Diable, voyage granitique à plus de 4000m

La traversée des Aiguilles du Diable, voyage granitique à plus de 4000m
lever de soleil sur et vision d'ensemble de la traversée
Les aiguilles du diable sont un ensemble de 5 aiguilles rocheuses culminant à plus de 4000m. Historiquement gravies les unes après les autres entre 1923 et 1928, Armand Charlet fut le premier à avoir réalisé la traversée avec ses compagnons.

J’ai écris ce texte avec beaucoup d’émotion en apprenant quelques jours plus tard que Nicolas est décédé en montagne. J’ai tout de même souhaité publier cet article de blog pour en garder un beau souvenir et pour lui rendre hommage.
Fin juillet, après avoir eu de nombreux retours de collègues guides, je propose à Nicolas d’aller faire cette grande course à dominante rocheuse où l’on gravit 5 sommet de 4000m en une seule fois.
Départ de Torino vers 2h30, l’approche glaciaire fut vite avalée. Cependant, une multitude de frontales dans la remontée du cirque Maudit nous font douter. Heureusement, elles se dirigent toutes en direction de l’arête Kuffner, autre grande classique du coin. Après avoir franchi la rimaye, nous remontons en diagonale le bas du couloir en rocher délité. Finalement, nous retrouvons neige et glace et arrivons au col du Diable à la lueur du jour.
Nous voilà au pied de la Corne du Diable 4064m, et le temps de la gravir, les premiers rayons du soleil viennent nous éblouir et nous réchauffer le dos. Nous mesurons la chance d’être là, à ce moment là et prenons le temps de savoure cet instant magique.
La traversée s’enchaîne bien : Pointe Chaubert 4074m, Pointe Médiane 4097m, Pointe Carmen 4109m, et l’Isolée 4114m. Il faut tout de même chercher l’itinéraire et s’employer à grimper en grosses chaussures. Nous terminons cette traversée gravissant l’Isolée en suivant l’itinéraire original; une longueur en 5+, assez difficile et soutenue qui nous demande une escalade athlétique et soutenue, typique du massif du Mont Blanc.
Une fois au sommet de cette aiguille, un grand rappel nous ramène à la brèche.
La course n’étant pas finie, il faut avancer avec délicatesse et précaution dans ce terrain facile mais très délité et composé de nombreux blocs instables. Nous terminons finalement par atteindre le sommet du Mont Blanc du Tacul vers 12h30. Petit casse croûte sommital et en route pour une traversée de la Vallée Blanche en plein soleil pour rejoindre le Skyway bien fatigués.