Cervin : arête du Lion

Cervin : arête du Lion
Sommet Italien du Cervin

Cervin voie normale italienne

Hier nous avons gravi le Cervin par l’arête du Lion (voie normale italienne). Rien que l’accès au refuge est déjà une course en soi et la suite laisse pantois quand on pense aux premiers ascensionnistes qui ouvrirent la voie en 1865. Dorénavant la voie est équipée de cordes fixes dans les passages les plus raides, l’itinéraire serait d’une toute autre difficulté sans… Cette course reste une belle entreprise où la descente est largement aussi difficile que la montée; un beau voyage…
Globalement les conditions sont bonnes bien qu’il reste encore pas mal de neige, l’itinéraire est peu fréquenté actuellement…

Cervin depuis les remontées de cervinia
Cervin depuis les remontées de cervinia

Avec Gilles, c’était la troisième année que nous projetions de gravir le Matterhorn. Il faut dire qu’il faut tout de même des conditions décentes pour envisager cette ascension. La première année, trop de neige, nous nous étions rabattus sur la traversée Miage Bionnassay Mont-Blanc ce qui était un prix de consolation des plus acceptables.. L’an dernier entre la canicule et une dépression mal placée nous avions du reporter ce projet. Cette année la montagne aura été généreuse et nous a permis de mener à bien cette ascension.

premières difficulté sous le refuge Carrel
premières difficulté sous le refuge Carrel

Nous sommes partis de plan Torette par les remontées de Cervinia qui nous ont permis en une petite heure de rejoindre à moindre effort le refuge Duc des Abruzze au pied de la Testa Léonne (il est également possible de louer les services d’un taxi pour s’y rendre, se renseigner auprès du refuge). Ensuite la remontée sous la Testa Léonne est plutôt évidente, mais en ce début de saison avec la neige elle est un peu plus physique. La traversée qui suit menant au col Léonne est plus délicate et relativement exposée.  On arrive alors sur l’arête du Lion à proprement parler, au début peu raide elle se redresse déjà sensiblement avant d’atteindre le bivouac Carrel avec quelques cordes fixes pour aider.

Nous arrivons autours de 14h au refuge à 3830m et après une petite collation j’envoie Gilles faire une sieste pendant que  je me mets au travail. Il faut faire de l’eau avec la neige présente sur la terrasse du refuge, ainsi que le ménage car ce refuge non gardé en a bien besoin. Le refuge est encore peu fréquenté, nous y croisons 3 cordées qui descendent et ne sommes rejoints que par une seule cordée qui partira en même temps que nous le lendemain. Une telle quiétude en ces lieux est appréciable…

cresta Tyndall
cresta Tyndall l’épaule évidente du versant italien du Cervin

3h30 le réveil sonne, on prend notre petit déjeuner tranquillement on profite de ces derniers moments de calme avant une journée qui s’annonce longue… Nous sortons du refuge au point du jour à 4h45 remontons la corde du « réveil » qui porte bien son nom puis chaussons les crampons. L’itinéraire est encore bien enneigé mais ça ne gène pas vraiment. Sans courir, mais sans perdre de temps nous avançons régulièrement et c’est au pic Tyndall que le soleil nous rattrape. Cela ne dure guère une fois passé « l’enjambée », nous sommes à nouveau à l’ombre de la tour Jordan, c’est l’inconvénient de cette arête ouest… Nous remontons alors les dernières échelles limites déversantes et débouchons rapidement au sommet Italien du Cervin ou nous sommes seuls… Il est 9h30

Après un bref aller retour au sommet Suisse (tant qu’à faire, ça fait un 4000 de plus ;)) et un petit quart d’heure de contemplation il nous faut redescendre, et vu d’ici le chemin est long jusqu’à Cervinia. Sans traîner, avec une pause d’une heure à Carrel et une de 30mn à Duc des Abruzze ce n’est qu’à 20h que nous regagnons le village un peu fourbus, mais surtout Heureux!

Vous pourrez trouver une description plus détaillé de l’itinéraire ici.

Pour se faire une idée des conditions la webcam de plan Maison